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Un plan d’urgence pour l’école, dans la Vienne aussi !

À quelques jours de l’appel national à la grève et aux manifestations dans l’éducation du jeudi 23 septembre, la Vienne Démocratique a fait le point avec Svend Walter, enseignant en lycée et secrétaire départemental de la FSU.

La Vienne Démocratique : Quelles sont les revendications de cette journée ?

Svend Walter : Nous réclamons un plan d’urgence pour l’éducation qui se décline sur trois volets : de meilleures conditions de travail, plus de moyens, la hausse des salaires. Dans la Vienne, le rectorat a de plus en plus recours aux contractuels, en ce début d’année beaucoup travaillent sans même de contrat, l’Etat se comporte ici comme le pire des employeurs. Les infirmier.e.s et personnels médicaux de l’éducation étaient déjà largement en sous effectif et ont désormais des missions supplémentaires avec le Covid. Les agents administratifs sont aussi en souffrance, les dernières réformes (en particulier celle du bac) leur ont donné une charge de travail supplémentaire importante et ont amené leur lot de désorganisation. Les heures supplémentaires s’entassent, il et elles se voient aussi trop souvent confier de tâches qui incombent aux catégories supérieures… il y a eu plusieurs cas de burn-out dernièrement. Il n’y a toujours pas de médecine de prévention, on doit être un des derniers métiers sans médecin en France… Les installations sportives sont trop souvent pas au niveau (d’autant plus en milieu rural) et l’on réduit progressivement les heures d’EPS pour les élèves alors que, notamment pour les moins aisés, il s’agît souvent de leur seul possibilité de pratique sportive. C’est une politique qu’on risque de payer sur la santé dans les années à venir. La situation est aussi très tendue à l’Université. Enfin bien sûr, les salaires sont en complet décrochage, le point d’indice n’a pas suivi l’inflation depuis de longues années. Bref, la maison s’écroule, il y a des rats dans les murs… et pendant ce temps le président nous parle de l’école du futur, il ferait bien de commencer par penser à celle du présent. Tout cela fait bien sûr partie d’un grand schéma global contre la fonction publique, pas besoin d’être conspirationniste pour le voir. C’est l’éducation qui devrait être le priorité du moment, pas la sécurité.

VD : Un mot sur l’ambiance dans les établissements et parmi les personnels d’éducation en cette rentrée ?

Svend Walter :  Il y a un vrai problème démocratique qui crée une grande tension, les élus majoritaires représentent tout de même 80 ou 90% des collègues mais le ministère passe en force contre leur avis sur tous les sujets. On est en train de créer une situation très dangereuse. Le pouvoir est de plus en plus vertical, on reçoit des injonctions, il n’y aurait qu’une seule bonne manière de faire, d’enseigner, d’évaluer… ça provoque aussi une perte d’intérêt, de sens, on glisse vers des métiers de “répétiteur” plutôt que de professeur. On sent beaucoup de mécontentement qui s’amoncelle, une colère sourde chez les collègues. Je pense que c’est un peu comme à l’Hôpital, et comme les soignants, le personnel tient quand même, parce qu’on ne peut pas se résoudre à baisser les bras, à laisser les élèves à leur sort. Dans ces conditions c’est parfois d’autant plus difficile de mobiliser, car on a besoin de temps en classe et qu’on en a été beaucoup privé dernièrement.

 

 

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