Elections

Elections départementales : un peu de clarté dans le brouillard

La recomposition politique entamée depuis plusieurs années dans le pays peut se lire aussi dans la Vienne à l’occasion des élections départementales. Il faut un œil averti pour s’y retrouver car ce sont les « personnalités » qui sont mises en avant plutôt que les identifiants politiques. Cela permet de masquer l’appartenance à un camp mais c’est aussi le signe de l’affaiblissement des vieux appareils politiques (LR-PS notamment). Quelques éléments d’éclairage.

Commençons par le RN, qui a visé uniquement les cantons ruraux et de Châtellerault où le vote d’extrême droite est fort ces dernières années, suffisamment fort même pour se diviser sur le canton de Châtellerault 2. Le parti est très désorganisé localement après les ennuis judiciaires du dernier responsable départemental, Arnaud Fage, pour ses pratiques abusives (et récurrentes dans ce parti) auprès de personnes âgées. La plupart des candidat.e.s sont inconnu.e.s et volontairement absent.e.s des médias pour éviter les paroles non maîtrisées qui ne collent pas à la stratégie de normalisation du parti… Les priorités annoncées restent équivoques : chasse aux migrants et aux « fraudes sociales ».

La majorité départementale présente des candidat.e.s sur les 15 cantons qu’elle détient (sur 19). Elle s’appuie sur les sortant.e.s et son important réseau d’élu.e.s locaux.ales. Si l’étiquette « Vienne Avenir » ne dit pas grand-chose de leurs intentions on peine aussi à voir dans leur expression, qui se contente souvent de lister les compétences départementales, ce que pourraient être les grands traits de leur future politique. On comprend donc qu’il s’agît purement de clientélisme : on propose aux citoyen.ne.s d’élire un.e notable qui serait « bien placé.e » auprès du prince pour obtenir ses faveurs. Ce qui provoque parfois des remous… on notera par exemple la guerre pour la succession d’Alain Fouché sur le canton de Chauvigny. Dans le dépliant de campagne surtout consacré à la promotion du bilan de la majorité, on trouve tout de même la ligne de conduite : « soutien […] aux personnes les plus fragiles tout en investissant pour créer la valeur […] ». En pratique, les travailleurs sociaux font avec des bouts de chandelle, l’APA et le point GIR sont parmi les moins élevées en France, de l’autre côté les grands projets d’investissement dont l’utilité et la pérennité sont en doute (Futuroscope, Arena, Historial) bénéficient à de très gros opérateurs privés.

Sur les 4 cantons de Poitiers dont les sortant.e.s sont de gauche le signal est clair, pas de candidat.e.s de la majorité départementale et soutien aux candidat.e.s LREM qui seront fidèles à leurs intérêts de classe. Mais eux aussi (présent.e.s dans seulement 8 cantons) tentent de décoller l’étiquette macroniste en se présentant sous la bannière « Renaissance en Vienne ». Pas sûr que cela suffise à éviter le vote sanction, d’autant que quelques dissidences ont vu le jour sur les cantons de Poitiers. Sylvie Aubert (Poitiers 1), maire de Fontaine le Comte qui avait succédé à Philippe Brottier (PS) et qui est suppléante du député LREM Sacha Houllié (candidat sur Poitiers 5), est en concurrence avec la candidature d’ Anthony Brottier (fils de Philippe), chef de file du groupe LREM à la mairie de Poitiers. Bouziane Fourka, marcheur de la première heure qui avait finalement soutenu Alain Claeys (PS) aux municipales, sera candidat sur Poitiers 4, canton où l’on retrouvera Philippe Grégoire (actuel responsable départemental LREM) mais aussi Matthias Aggoun (Chef de file du PS et ancien directeur de cabinet d’Alain Claeys)… Les esprits chagrins y verront un joli panier de crustacés à pinces !

Ce qui semble rassembler ces nombreux candidat.e.s est une certaine idée du rôle de l’élu, qui serait voué à la « gestionite », au sourire sur la photo pour « représenter » son territoire et donc à la continuité tranquille des politiques antisociales du département. Celle qui illustre le mieux le propos est peut-être Isabelle Soulard, élue sortante avec le PS, aujourd’hui candidate sans étiquette avec le soutien de toute la droite et qui déclare allègrement dans la presse qu’elle souhaite siéger dans la future majorité, quelle qu’elle soit… effarant !

Bien difficile de prévoir le comportement des électeurs de droite et centristes devant ces situations.

Notre liste « La Vienne en Transition », la seule à être représentée sur tous les cantons, avec un même programme départemental ambitieux et de rupture, peut se targuer d’amener de la clarté dans le paysage politique.

Le PS s’est divisé dans la Vienne, la direction départementale (tenue par les proches d’Alain Claeys), revancharde, a fermé les portes de toute discussion avec les autres forces de gauche et se retrouve donc recroquevillée sur 3 cantons de Poitiers uniquement. Les candidat.e.s s’avancent sous la bannière « gauche républicaine », dans le contexte actuel on y verra facilement une tentative d’utiliser à leur profit le concept d’ « islamo-gauchisme » de l’extrême-droite pour tenter d’éliminer les autres candidat.e.s de gauche en les plaçant en dehors du cadre Républicain. La plupart des élu.e.s PS sortant.e.s ne se sont pas retrouvé.e.s dans la démarche de leur parti et ont préféré renoncer à se représenter à l’exception de Ludovic Devergne (sortant PS, accompagné par les militant.e.s de sa section de Buxerolles) qui a eu le courage de s’engager avec le rassemblement de gauche « Vienne en Transition ». Même chose pour deux candidat.e.s PS et leurs sections respectives : Christelle Charrier (canton de Migné) et Vincent Chenu (canton de Chasseneuil).

La France Insoumise, écurie présidentielle qui n’a pas vraiment d’organisation locale, a préféré tout miser sur les régionales et a laissé toute liberté à ses militant.e.s. On trouve donc un candidat LFI (Patrick Jean, canton de Vivonne) sous la bannière « Vienne en Transition ».

Aucun parti d’extrême gauche n’a de candidat.e à cette élection départementale, même si Ensemble ! a un temps participé à la démarche « Vienne en Transition ».

Notons aussi deux quatuors sur les cantons de Chauvigny et Montmorillon qui se présentent sous le nom « ré-info liberté » qui fait référence à un petit mouvement national né autour d’un médecin Marseillais. Ils.elles critiquent la gestion de la crise sanitaire et les restrictions de liberté qui en ont découlé sur un ton marqué par le complotisme et le refus de tout ce qui peut représenter une institution. On retrouve aussi chez eux quelques éléments/revendications qu’on entendait parfois chez les gilets jaunes (le RIC notamment).

Notre liste « La Vienne en Transition », la seule à être représentée sur tous les cantons, avec un même programme départemental ambitieux et de rupture, peut se targuer d’amener de la clarté dans le paysage politique. Elle a réussi un rassemblement inédit et très large d’organisations, de militant·e·s politiques, syndicaux·ales, associatif·ve·s, de citoyen·ne·s et d’élu·e·s locaux·ales engagé·e·s au quotidien. En son sein, les communistes sont bien représenté.e.s.

Si la situation relève de bien nombreuses inconnues, avec une participation que l’on peut attendre très faible, nos candidat.e.s sont en position de l’emporter sur plusieurs cantons. C’est donc certainement le niveau de mobilisation des électeurs.rices de chaque camp qui fera la différence. Alors il n’y a plus de temps à perdre, mettons toute notre énergie dans cette campagne, faisons connaître à tou·te·s « La Vienne en Transition », nos candidat·e·s et nos propositions.

Retrouvez le programme complet de la Vienne en Transition et les candidat.e.s de votre canton sur : www.vienne-en-transition.fr

Hugo Blossier

secrétaire départemental du PCF

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