Éditoriaux Paix

Qui veut la paix prépare… la paix !

Depuis plusieurs mois maintenant la guerre est de retour au cœur de l’Europe avec ce qu’elle porte de monstruosités contre les humains. La guerre est en fait déjà sur tous les continents, trop souvent dans l’indifférence générale. Elle opprime ou éradique aussi sur son passage les progressistes, brise les coopérations, contribue à la crise alimentaire mondiale, revigore les nationalismes, le racisme, la course aux armements…. Les armées et l’industrie de la guerre représentent environ 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, plus que le transport aérien et maritime réunis, la guerre brûle aussi la planète.

Ajoutons au tableau le retour en force de la menace nucléaire, évoquée comme une possibilité par Trump avant sa défaite, puis par Poutine depuis le début de son invasion.
Pourtant plus de la moitié du monde s’est déjà organisée en zones exemptes d’armes nucléaires. Ces pays refusent en plus de subir les conséquences d’une guerre nucléaire entre d’autres, c’est pourquoi le Traité des Nations Unies sur l’Interdiction des Armes Nucléaires est entré en vigueur l’année dernière, bien que notre gouvernement comme celui des autres puissances nucléaires se refuse à le ratifier.
Il est bien urgent de désarmer, tout comme il est urgent d’engager les coopérations indispensables pour affronter les enjeux aussi globaux que le réchauffement climatique, les inégalités sociales, alimentaires issues du système capitaliste mondialisé.

Il est bien urgent de désarmer, tout comme il est urgent d’engager les coopérations indispensables pour affronter les enjeux aussi globaux que le réchauffement climatique, les inégalités sociales, alimentaires issues du système capitaliste mondialisé.

Car oui, « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre : tant qu’il y aura la pauvreté, le racisme, la discrimination et l’exclusion, nous pourrons difficilement atteindre un monde de paix. » comme l’a dit Rigoberta Menchu.
Ces objectifs nécessitent de mobiliser des moyens, or ce sont d’autres choix qui sont faits : le budget mondial de l’armement a doublé en 20 ans. En France, la Loi de Programmation Militaire est en augmentation inédite depuis 40 ans, pour 2019-2025 elle atteint près de 300 milliards et sera bientôt la principale dépense de l’état, derrière le remboursement de la dette détenue par les financiers. Dans le même temps on a pris 12 milliards à l’Hôpital, combien manquent à l’école, on refuse d’augmenter les salaires, pensions et minimas sociaux au niveau de l’inflation. Priorité à la guerre et aux milliardaires ! Ces choix qui se privent de répondre aux besoins humains, défendent les intérêts de quelques multinationales à nos frais, sur notre santé, l’éducation de nos enfants… ils attisent les conflits, pour lesquels on mobilisera encore du militaire.

Qui veut la paix doit donc la préparer, la construire, résolument, patiemment… Par une culture de paix traitant les différences avec respect et comme sources d’enrichissement mutuel, avec un système productif de réponse aux besoins dans la solidarité. C’est ainsi que l’on organise l’humanité pour la paix.
Les mouvements populaires, sociaux, politiques, artistiques des peuples avec lesquels nous partageons la planète, constituent un premier pas vers l’internationalisme. C’est l’émergence de mobilisations internationalistes qui fera reculer les nationalismes et ouvrira, en arrachant conquêtes sociales et politiques, une perspective concrète de dépassement de l’ordre capitaliste et de ses désastres.

Nous avons l’occasion d’y travailler, dès ce mois de septembre. Lors des marches pour la paix du 21 septembre, et des mobilisations sociales pour la santé le 22 et pour les salaires le 29. Mais aussi lors de la fête de l’Humanité, dont le déménagement sur une ancienne base militaire pourrait presque servir de symbole : faites la fête pas la guerre !

Hugo Blossier

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