Le 6 février 1934 ont lieu des manifestation anti-parlementaires avec, au premier rang, des ligues d’extrême-droite qui tentent un coup de force contre l’Assemblée nationale. Le mouvement ouvrier répondra par une grande manifestation le 12 février au cours de laquelle les cortèges socialistes et communistes se mêlent aux cris d’« unité ! ». Cette union était inattendue car communistes et socialistes avaient plutôt l’habitude de se traiter de noms d’oiseaux. Ces événements furent déclencheurs de la construction du Front Populaire qui sera victorieux deux ans plus tard, le 3 mai 1936. Dans la foulée de cette victoire un mouvement de grève massive démarre, qui débouchera sur les accords de Matignon et ses avancées sociales dont certaines, comme les congés payés, ne figuraient même pas au programme du Front Populaire.
C’est donc le danger du fascisme qui étendait ses griffes sur l’Europe, mais aussi les travailleuses et les travailleurs qui ont été la force motrice qui a poussé toute la gauche politique, syndicale et sociale à s’unir. Et ils ont obtenu des conquêtes que la victoire électorale n’aurait pas suffit à gagner.
les travailleuses et les travailleurs ont été la force motrice qui a poussé toute la gauche politique, syndicale et sociale à s’unir
Mai 1968 fut un autre épisode de grandes conquêtes sociales gagnées par la lutte des travailleuses et des travailleurs. On ne se mobilise pas seulement sur le péril fasciste mais aussi sur l’espoir de lendemains qui chantent.
Aujourd’hui en France, les Macronistes, les Républicains et l’extrême droite s’unissent pour mettre fin au 1er mai. Seul jour chômé, payé et revendicatif, né des grandes grèves de la fin du XIXe siècle autour de la revendication internationale de la journée de travail de 8 heures, c’est un symbole à abattre pour les libéraux et les réactionnaires de tout poil. Au niveau mondial l’union du capital se dessine pour un nouvel ordre mondial dominé par une petite minorité, milliardaires en tête. Le capital est capable de tout pour conserver son pouvoir. Y compris la guerre ou l’avènement du fascisme.
Il est grand temps que la Gauche sorte des batailles intestines, des petits chefs et des oukases pour créer les conditions des grandes conquêtes, pour le progrès humain comme une fin en soi. C’est nous, travailleurs de toute condition, qui avons dans notre main gauche le pouvoir de faire échec à ce projet funeste. Comme le disait le slogan de mai 36, « La vie est à nous ».
Yves Jamain,
membre de l’exécutif départemental

