Contribution

« La raison tonne en son cratère ! »

La formule employée dans l’Internationale par Eugène Pottier, poète et communard, mérite d’être examinée pour en sonder la pertinence.

Le mot « Raison » peut s’y décliner en 3 aspects : raison d’être, raison de penser, raison d’agir, où la « raison d’être » concerne l’existence, la « raison de penser » le vrai, la vérité, et la « raison d’agir », l’action, particulièrement l’action politique.

Or, dans la période que nous vivons, la conscience collective cherche à la fois des réponses à ses conditions d’existence, à discerner la vérité dans la foule des manipulations, et à trouver les formes d’action les plus adaptées pour créer un rapport de forces en faveur du bien-être et du progrès social.

Le président actuel, que nous ne nommerons pas, se distingue par un mépris sans précédent du peuple qui l’a élu. Peu de commentateurs ont remarqué que sa petite phrase stigmatisant naguère, devant un aréopage de chefs d’entreprise, les « gens qui ne sont rien » est une référence directe à la formule de l’Internationale : « Nous ne sommes rien, soyons tout. », et donc une provocation directe au mouvement ouvrier. C’est bien dans sa manière.

Devant les dégradations d’existence et de niveau de vie de la grande majorité de la population, le pouvoir continue à se livrer à une constante propagande, mais celle-ci est de moins en moins efficace. En effet, vu l’ampleur du mouvement actuel, les médias aux mains des ultra-riches sont obligés, sous peine de perdre des parts de marché, de se faire plus ou moins l’écho des revendications et des doléances du public.

La réalité du mouvement social, l’atmosphère festive des manifestations, l’entrée de la jeunesse dans les luttes, leur détermination et leur endurance font que la vieille propagande axée sur la peur ne fonctionne plus.

La « raison de penser » permet à chaque fois de rétablir le vrai, de dénoncer les manipulations, les sophismes du pouvoir au service d’un capitalisme financier profondément patriarcal et déshumanisant, et de trouver les meilleures formes d’action pour ouvrir de la façon la plus pacifique possible une issue à la crise qui soit favorable aux intérêts de la population.

Cela se déroule dans un contexte de « lutte de classes », mais ce n’est plus le prolétariat contre la bourgeoisie. Désormais 70% de la population se rebelle contre un pouvoir qui n’a plus pour tenter de survivre que des gesticulations accompagnées de concerts culinaires. La casserole, emblème d’un pouvoir corrompu.

Décidément, « La raison tonne en son cratère » et Eugène Pottier a condensé dans cette formule de l’hymne des travailleurs un message intemporel : la raison tonne, mais cette dynamique de la raison doit bel et bien, en son triptyque, présider à l’action.

Michel Caubet

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