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Grand Poitiers : anticiper les transformations profondes de nos modes de déplacement.

Intervention de Laurent Lucaud, Vice-Président de Grand Poitiers en charge de l’eau et de l’assainissement, sur l’évolution du taux de Versement Mobilité, conseil communautaire de Grand Poitiers du 24 septembre 2021 :

Il s’agit par cette délibération à la fois d’investir sur l’avenir, mettre en application les lignes politiques de notre programme, nous obliger collectivement, tant que nous sommes libres de le faire, à agir sur la question des mobilités sans attendre les pièges de la contrainte.

En effet, étant donné que les efforts pour enrayer les mécanismes du réchauffement climatique n’ont pas été à la hauteur, il est question aujourd’hui d’anticiper les transformations profondes de nos modes de déplacement. Le Pacte Vert européen interdira en 2035 la vente de voitures à moteur thermique. Aujourd’hui 6 voitures sur 10 roulent encore au gazole alors que les ventes de véhicules Diesel ne représentent qu’à peine un quart des ventes dans le neuf.

Début août le décret instituant la mise en place des Zones à Faibles Emissions (ZFE) a été publié ; onze métropoles parmi les plus grandes sont concernées. La loi Climat impose d’ores et déjà à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants de mettre en place une ZFE d’ici le 31 décembre 2024.

Quel sera l’impact de ces mesures demain sur les salariés des centres d’appel du Futuroscope, si nous devons les prendre en exemple ? Peuvent-ils s’acheter une voiture dite “propre” et est-ce la solution ?

Ne nous leurrons pas : la question n’est pas de savoir si notre territoire sera un jour concerné mais bel est bien quand. Il vaut mieux, dès aujourd’hui, accompagner et permettre d’autres mobilités plutôt qu’elles ne s’imposent à nous demain par l’interdiction, l’obligation sans condition et surtout sans qu’on y soit politiquement et budgétairement préparés.

A l’inverse, l’inaction aura pour conséquences d’aggraver les inégalités territoriales et sociales, affaiblira l’accès au droit à la mobilité des populations économiquement précaires qui conditionne directement l’accès à d’autres droits que sont le travail, les loisirs, la culture. Ces conséquences auront un coût économique et social qui dépassera certainement l’augmentation du Versement mobilité.

Nous le savons, il existe des zones blanches de la mobilité, des territoires méprisés de la rentabilité économique, où l’on ferme les bureaux de poste, les hôpitaux, les maternités. Ces enclaves de la République, où l’on ferme également Centres d’impôt et gendarmeries représentent les ¾ du territoire national où réside 28% de la population. Ces inégalités de répartition conduisent des territoires entiers au déclassement d’autant que les projets de mobilité sont concentrés autour des centres urbains qui cumulent, quant à eux, diverses nuisances : pollution, bruit, encombrement…

La notion de mobilité se pose donc en des termes différents selon que l’on habite dans une métropole, dans une zone péri-urbaine ou encore en zone rurale.

La question des mobilités en zone peu dense ne présente pas de solution unique, mais de multiples possibilités à combiner et à adapter à chaque territoire. C’est ce que nous propose le projet adossé à l’augmentation du Versement Mobilité. Nous devons nous donner les moyens pour un projet adapté, ambitieux, prompt à éviter les écueils qui se dressent devant nous.

Un projet qui vise davantage de cohésion, de justice sociale. Il s’agit d’un point d’étape qu’il ne faut pas rater, et non un aboutissement. Nous devons continuer à nous interroger, nous devons redéfinir les fonctions et usages des équipements : je pense par exemple à la gare du Futuroscope, qui a été conçue pour desservir le Parc, et qui pourrait permettre un accès facilité aux nombreux salariés du bassin d’emploi.

Si le Versement Mobilité, ne tient pas compte du niveau de profitabilité des entreprises ; ce qui lui permettrait d’être équitable, il permet de renforcer le concept de la responsabilité sociale de l’entreprise, d’affirmer sa citoyenneté.

Pour conclure, le taux proposé répond à un souci d’efficacité qui inspire notre action locale pour l’amélioration des environnements de toutes et tous : citoyens, institutions, entreprises publiques et privées.

Mme la Présidente, les cinq élus communistes de Grand Poitiers voteront cette délibération.

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