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Articuler les luttes immédiates et notre ambition communiste

visuel schneider chasseneuil

L’urgence est là. Urgence climatique, urgence sociale, urgence de paix,… Les urgences sont nombreuses et la colère grandit. Alors que bon nombre de commentateurs et d’hommes ou de femmes politiques ne voient qu’à travers le prisme des élections de l’année prochaine, en particulier de l’élection présidentielle (le fameux sauveur suprême), il nous faut, nous communistes, être présent.es aujourd’hui dans le combat et les luttes. Tous les jours des innocents meurent dans des conflits armés, tous les jours, des familles entières ne mangent pas à leur faim dans notre pays, tous les jours, nombre de nos concitoyens renoncent à se soigner par manque de moyens. Et la liste est longue des dégâts provoqués par le capitalisme et l’impérialisme en France et à travers le monde. Alors oui, les élections de l’année prochaine, avec le fascisme aux portes du pouvoir, vont être un moment décisif pour l’avenir de notre pays et les communistes y prendront toute leur part comme ils l’ont toujours fait. Mais c’est dès maintenant que nous devons nous mobiliser, c’est maintenant qu’il y a urgence, pas dans six mois.

Mais c’est dès maintenant que nous devons nous mobiliser

Une campagne électorale, d’autant plus présidentielle, n’a de sens que si elle est utile aux combats d’aujourd’hui. L’articulation entre les luttes immédiates, souvent défensives, et notre ambition de nouvelles conquêtes doit être centrale. Le cas de Schneider à Chasseneuil, dont nous parlons dans ce numéro, est particulièrement révélateur. Voilà une entreprise gavée d’aides publiques qui licencie 140 personnes. Il faut bien entendu que nous soyons aux côtés des syndicats de salarié.es qui se battent pour la sauvegarde de l’emploi. Mais nous devons également porter une autre ambition, c’est le rôle d’un parti communiste : mettre au cœur de la discussion les questions centrales de démocratie et de production : Qui décide qu’une usine doit fermer alors qu’elle est utile au pays ? Qui décide des investissements d’une entreprise ? Qui décide enfin de ce que nous produisons collectivement ? Nous devons faire entrer ces questions dans le débat public. N’ayons pas peur de cette ambition. La conquête de nouveaux pouvoirs par la classe travailleuse et l’ensemble des citoyens est un combat que nous devons mener. Cette ambition ne nous éloigne pas des luttes d’aujourd’hui, elle nous en rapproche. Porter le combat de classe dans les luttes, avec les travailleurs, a toujours été le rôle et la spécificité des communistes. Les mobilisations de cette rentrée et celles à venir peuvent constituer une étape. En nous battant aujourd’hui, en défendant nos conquis sociaux et en en exigeant de nouveaux, nous préparons les victoires électorales de demain. Nous devons nous mettre en mouvement avec ceux qui souffrent, et nous souffrons aussi, sans arrière-pensée électoraliste ou politicienne mais avec l’ambition d’être utiles. Sans un mouvement populaire fort, les victoires électorales sont souvent suivies de grandes désillusions. À nous de prendre toute notre place, dès maintenant, dans la construction de ce rapport de force, qui sera nécessaire quel que soit le résultat des élections, face au capital.

Christophe Sicot,
membre de l’exécutif départemental

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