Éditoriaux

Des communes contre le fascime

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« Des communes pour la paix » était le titre de l’édito du mois dernier. J’y discutais du rôle des maires dans le climat politique et le jeu dangereux joué par certains d’entre eux aux aspirations bellicistes. Depuis, avec l’assassinat du militant d’extrême droite à Lyon, le climat politique et médiatique s’est encore alourdi dans notre pays. L’actualité politique est aux élections municipales. Mais les élections municipales ne sont jamais de simples scrutins locaux. Même s’il est difficile, compte tenu des contextes locaux d’en tirer des conclusions politiques nationales, les résultats des prochaines élections seront à regarder très attentivement. En effet, ce premier échelon politique, le plus proche des habitants, reflète le climat politique national. Le fascisme ne surgit pas nécessairement brutalement, il s’installe progressivement dans toutes les failles, dans toutes les ouvertures que certains, par idéologie, par opportunisme, ou même par peur, veulent bien lui laisser. La sauvegarde de quelques postes pour certains pourrait faire partie de ces ouvertures laissées à la bête immonde. Mais ne nous y trompons pas, l’enjeu ici, que certains à droite et même parfois à gauche balaient par calcul politicien, n’est pas de gagner une séquence médiatique ou des élections. L’enjeu est d’empêcher que la France ne se réveille un jour prochain en se rendant compte qu’il est trop tard. Nous approchons d’un point de non-retour et quelque chose commence à nous échapper. Cette normalisation de l’extrême droite, encouragée par la droite, fait oublier que l’extrême droite n’est pas un choix comme un autre dans une démocratie, car son action est toujours particulièrement violente pour tout.es les dominé.es et souvent il n’y a pas de retour en arrière pacifiste. Les exemples récents du Brésil, et même des États-Unis, devraient alerter les apprentis sorciers qui ont la mémoire courte. Ce moment historique exige de ne rien céder aux calculs ou aux facilités de la symétrie des violences de ce qu’on nomme, parfois mal, l’extrême gauche et celles de l’extrême droite, dix fois plus meurtrière ces quinze dernières années. À ce sujet on remarquera que notre président a la compassion différentielle. Aucun mot pour les violences et meurtres commis par les militants fascistes alors qu’il prend quasiment le deuil pour un militant néo-nazi et que ses amis ont exigé une minute de silence à l’assemblée nationale quand d’autres demandent à ce que le portrait de ce militant soit installé sur la façade de nos mairies…

Le fascisme ne surgit pas nécessairement brutalement, il s’installe progressivement dans toutes les failles, dans toutes les ouvertures que certains, par idéologie, par opportunisme, ou même par peur, veulent bien lui laisser

Par un renversement de l’histoire, aidé par les médias dominants, le RN en appelle à instaurer un cordon sanitaire pour les prochaines élections et à marginaliser toute la gauche. Les Républicains (le parti de droite…), y compris les responsables locaux, exigent une clarification à gauche pour exclure toute alliance avec LFI. Ils jouent, avec parfois l’accord de certains à gauche, un jeu très dangereux. En ce qui concerne le parti communiste, nous ne partageons pas tout le programme de la France Insoumise (nous sommes communistes) ni parfois ses méthodes et sa stratégie mais nous ne mettons pas, et loin s’en faut, de signe égal entre LFI et l’extrême droite. Nous partageons des luttes localement avec les militants de la France insoumise et nous nous présentons aux élections, dans certaines communes de notre département, contre la droite et l’extrême droite, pour faire progresser la gauche, à ses côtés. Nous pouvons, parfois, être concurrents mais nous ne nous tromperons jamais d’ennemis.

Christophe Sicot,
membre de l’exécutif départemental

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