À l’heure où sont écrites ces lignes, le mouvement des lycéens et des étudiants puis les mobilisations du 17 et du 24 octobre sont venus perturber le scénario écrit d’avance par la bourgeoisie. La grève interprofessionnelle du 5 novembre pourrait constituer également une étape importante.
Tout était en place. L’alliance sur le fond entre les macronistes, la droite et l’extrême droite s’installe, poussée et aidée par les grands patrons avec leurs relais médiatiques. Le rapprochement s’est confirmé lors des élections sénatoriales qui ont vu l’élection de plus de sénateurs RN que prévu après les municipales…
Le danger est grave et imminent mais les jeux ne sont pas faits
Le danger est grave et imminent mais les jeux ne sont pas faits. L’intervention populaire peut jouer un rôle important pour débloquer la situation. C’est même la seule issue possible : la levée d’un mouvement populaire et citoyen majoritaire dans le pays… mais cela se travaille.
Ce qui se passe avec le mouvement lycéen et citoyen est une bouffée d’oxygène contre le fatalisme ambiant et devrait pousser à la constitution de fronts communs.
Il est aussi et surtout un cri de détresse par rapport aux conditions de vie, à l’avenir, aux guerres et au dérèglement climatique. Si l’on n’entend pas cela, alors on peut passer à côté de ce mouvement, de l’expression de toute une génération qui fait de la politique, qui porte une véritable radicalité et qui pour une grande part refuse l’extrême droite et la fatalité de son arrivée au pouvoir.
C’est d’ailleurs, aussi, pour cela que le pouvoir a décidé de le faire taire à tout prix, quitte à utiliser la plus grande des violences ou laisser les situations dégénérer dans la violence pour susciter la peur.
Quand il y a un mouvement social, qu’il est porteur de revendications fortes, cela peut créer les conditions d’un reflux du RN. Mais pour que cela se traduise politiquement il est nécessaire d’éclairer sur le sens des choix politiques, des choix de société qu’ils représentent, d’y mettre en accusation les logiques capitalistes et d’ouvrir de nouvelles perspectives.
Des initiatives politiques sont-elles possibles pour favoriser et ouvrir des espaces ? C’est un enjeu politique : faire évoluer la situation dans un pays où le mouvement social n’a pas remporté de victoires depuis des décennies. Les personnes sont descendues dans la rue pour exprimer le rejet profond des politiques menées. C’est une colère sociale qui couve depuis des années. Le prix de l’essence, les salaires, le chômage, la retraite, les services publics, le prochain budget… mais plus profondément l’incapacité d’imaginer un avenir collectif.
Cette situation inquiète autant le gouvernement que l’extrême droite. Nul ne peut dire aujourd’hui ce qui se produira dans les jours qui viennent mais rien n’éteindra la colère qui s’exprime aujourd’hui dans la rue.
Yves Jamain,
membre de l’exécutif départemental

